Cela parait très technique, mais pour ceux qui ont déjà réalisé des photos de nuit, le principe est assez similaire.
Donc vous retrouverez certainement quelques consignes similaires. Prêt ? Allons-y...
Nom de l'image: _DSC7414rr-book.jpg Appareil: NIKON
D200 (NIKON CORPORATION) - Vitesse: 1/1e à f:8 - 100
ISO - Focale: 16 mm. Tout d'abord, localiser l'orage
Quand il y a "éclairs", c'est qu'il y a "orage" dans l'air. Selon sa proximité, on subit pluie, grêle, vent et tout le tintouin. Le plus intéressant, mais aussi le plus dangereux, c'est de prendre l'orage au plus près. Plusieurs techniques d'approche existent. Certains plus expérimentés (les chasseurs d'orages) peuvent prédire les lieux qui seront touchés et localisent à l'avance des points d'observation situés à quelques kilomètres de là. Ils peuvent alors prendre des vues panoramiques assez étonnantes.
Je vous invite à ce propos de consulter ce site web des chasseurs d'orages en France qui peuvent vous prédire les lieux qui seront touchés et est un puit d'information en tout genre
Plus simplement, lorsqu'on "subit" un orage, l'occasion vous est donné de pouvoir capturer quelques beaux spécimens d'éclairs.
La préparation
En premier lieu, observez le sens du vent et des nuages. Cela vous permettra de vous placer au bon endroit. Il n'est pas nécessaire de sortir dehors sous la pluie et donc de s'exposer aux intempéries. Personnellement, je le fais sous abri. Il suffit de disposer d'un angle de vue approprié, par exemple, à partir d'un balcon ou d'une simple fenêtre.
Les plus téméraires pourront se positionner en extérieur afin de dominer un lieu précis. Mais je conseille vivement d'être très très prudent car la foudre frappe au hasard (ou presque) et les consignes de sécurité restent les mêmes que l'on soit avec ou sans un appareil photo. L'orage ne vous épargnera pas sous le prétexte que vous êtes un photographe
Tout d'abord, il est toujours plus spectaculaire et simple de prendre en pleine nuit.
Coté matos
- Prévoyez un pied très stable
- une télécommande (évitez le mode "retardateur"...)
- un APN qui puisse opter pour un temps de pose long (mode "bulb" ou "B"), cad au delà de 30" et qui est géré par la télécommande (temps de pose indéfini)
Côté optique
Je privilégie une focale grand angle: de 10mm à 30mm. Cela évite la déception au début de la photo... sans aucun éclair

Une optique fixe est un plus car les aberrations chromatiques sont généralement mieux gérées.
Quand vous gagnez en assurance, rien ne vous empêche de tester avec d'autres optiques.
Pensez à mettre le pare-soleil. Cela parait stupide au premier abord, mais un éclair génère une lumière violente : le pare-soleil limitera quelques reflets disgracieux.
Côté post-traitement
Prévoyez un logiciel adéquat pour traiter correctement le
bruit si nécessaire et éventuellement dé-rawitiser (dématricer) vos fichiers
RAW.
Où poser le pied ? Quoi viser ?
Dites-vous que généralement, la foudre frappe un peu en aveugle mais privilégie les reliefs les plus proches du ciel (vous savez bien, l'électricité choisit toujours le chemin le plus court ! Rappel du cours de Sciences Physiques du collège... Mince, je dormais

)
Choisir pour cible un batiment élevé comme une église ou bien un toit équipé d'un paratonnerre, ou encore un arbre à la cime élevée peut s'avérer judicieux. Si vous saviez le nombre de fois où la foudre peut s'abattre sur un clocher d'église, c'est effrayant !
En fait, soyez observateur. C'est payant. La foudre tombe souvent aux mêmes endroits ou presque.
Les conditions idéales sont lorsque vous précédez l'orage, qu'il ne pleut pas encore. l'image sera plus nette et la lumière moins diffuse.
Nom de l'image: _DSC9483r-book.jpg Appareil: NIKON D200 (NIKON CORPORATION) - Vitesse: 1/1e à f:9 - 100 ISO - Focale: 13 mm. Les réglages
Mettez-vous en mode "pose longue" ("bulb" ou "B") et utilisez, de préférence, une télécommande.
Au niveau de l'ouverture, en fonction de la violence des éclairs, faites en sorte de fermer votre
diaphragme afin de gagner en netteté et en
profondeur de champ (PDC).
Pour cela, n'hésitez pas à jouer sur
l'hyperfocale (voir sujet "
diaphragme (Le diaphragme)" de Jeff)
C'est pourquoi un grand angle est très pratique à utiliser car sa
PDC est nativement importante.
Donc pour la MAP, faites-là en partant du minimum et en jouant sur une petite ouverture (f5.6 à f13).
Pensez à faire
la MAP en manuel (important : déconnectez l'AF !!!)
Ce type de réglage convient très bien pour
un orage situé en ville où les éclairage urbains sont omniprésents. Le temps de pose est au jugé. C'est pourquoi vous devez faire des essais au préalable (tout l'intérêt de l'APN numérique). Mais comptez environ 20 secondes avant de refermer l'obturateur. Selon la sensibilité de départ, je suis arrivé à shooter avec 3 secondes de pause : dans ce cas, le mode rafale est un atout. Au niveau ISO, de 100 à 200 ISO sont suffisants afin d'éviter la montée de bruit.
En pleine nature, vous allez devoir augmenter la sensibilité et augmenter un peu l'ouverture, mais pas trop (pas inférieur à f11 si possible). Au mieux, jouez sur le temps de pose (cela peut aller de 30" à plusieurs minutes). S'il fait sombre (aucune lumière), c'est l'idéal car vous ne fermerez qu'au moment où l'éclair a jailli. D'où l'intérêt d'avoir une télécommande.
Pensez à une chose : plus l'orage est lointain, plus l'intensité de l'éclair est faible et inversement. Adaptez vos réglages en fonction de cette donnée, en augmentant la sensibilité ou l'ouverture.
Soyez stable (d'où un pied) afin d'éviter les floues de bouger. Et plus votre temps de pose est long et plus le risque d'en faire existe.
Si besoin, réglez votre APN avec le "miroir relevé" ce qui limite le flou dû au mouvement du miroir.
Au niveau
balance des blancs, restez neutre. Sauf en ville où vous pouvez à la rigueur opter pour un réglage froid (lumière à incandescence)
Enfin, si vous avez la possibilité de shooter en format "RAW", ne vous en privez pas

La dynamique sera plus facile à gérer par la suite.
La capture de l'éclair
En fait, ne vous y trompez pas : on n'appuie pas sur la bouton au moment de l'éclair !

C'est impossible à faire, promis

Le principe consiste à laisser l'obturateur ouvert un certain temps et d'attendre l'éclair... le bon !
Une technique basique consiste à compter les intervalles entre les éclairs afin de déclencher au moment le plus opportun. Il ne faut pas laisser ouvert l'obturateur trop longtemps ni trop peu. Quoiqu'il en soit, vous laissez ouvert et attendez patiemment l'éclair... Comptez dans votre tête le temps de pause. Si rien n'arrive refermez, visionnez rapidement au début pour vérifier que tout va bien au niveau exposition, et relancez immédiatement la prochaine.
Dès qu'un éclair apparaît, fermez et visionnez. Si besoin, corrigez vos réglages (ouverture mais surtout temps de pose et angle de vue).
Très souvent, l'éclair peut ne pas "s'imprimer" sur le capteur

Cela peut provenir de l'intensité trop insuffisante de l'éclair ou encore de votre sensibilité (ISO ou ouverture). Corrigez et recommencez.
Dans tous les cas, sachez que des éclairs ont d'autres intérêts : celui d'éclairer le ciel de mille et une lumière, parfois aux effets surréalistes, de donner du relief aux nuages et aux batiments.
Sachez aussi jouer sur les superpositions d'éclairs : en pleine campagne, laissez votre obturateur ouvert et capturez plusieurs éclairs. Ne fermez qu'au bout du 2 ou 3eme...
Ici, pas d'éclair, mais une lumière singulière générée par l'éclair alors que le ciel était normalement noir. D'accord, elle est aussi sur-ex
Bon shoot !