Un nouveau type de pratique déloyale fait son apparition sur internet : la vente de photos dont les droits n'appartiennent pas au "marchand".
Une internaute anglaise a récemment découvert plusieurs de ses photographies vendues sur un site, sans qu'elle n'en ait été informée.
Les images étaient vendues sous différents noms d'artistes, probablement faux.
Ce type de détournement peut devenir monnaie courante, si l'on ne prend pas ses précautions.
1. La meilleure licence pour partager ses images sur le web
Vous pouvez distribuer gratuitement vos images, en limitant leur diffusion à un usage non commercial.
C'est à mon sens le meilleur type de license pour un partage sur le web : il vous permet de vous faire connaître (vos photos peuvent apparaître dans un blog, sur un site d'informations, sur un forum...), tout en vous préservant la possibilité de les vendre (pour un magazine, ou toute publication commerciale).
Ce type de licence est simplifié par Creative Commons : il s'agit de la licence
Creative Commons NC (Non Commercial).
Vous pouvez également utiliser la licence
Creative Commons BY, qui impose que le nom de l'auteur soit cité.
En cumulant les deux restrictions, vous obtenez une licence
Creative Commons NC BY.
Elle permet la diffusion de vos photos à titre gratuit dans un cadre non-commercial, à condition de citer votre nom, et vous permet par ailleurs de vendre vos photos dans le cadre d'un usage commercial.
Si vous utilisez des sites comme
Flickr pour partager vos photos, vous pouvez indiquer le type de licence souhaité pour chaque photo. Ce type de sites vous permet notamment de choisir une forme de licence Creative Commons.
Un excellent outil
vous permet ici de choisir simplement une licence Creative Commons.
Photo par Tristan Nitot 2. Le copyright, pour interdire toute copie
Si au contraire, vous souhaitez interdire toute diffusion de vos images, quel qu'en soit le cadre, optez pour un copyright (que vous pouvez également choisir dans le menu des sites comme Flickr).
Dans ce cas, toute reproduction de vos oeuvres devient illégale.
3. La licence ne suffit pas à vous protéger : réduisez la taille de vos photos
Pour vendre une image, on a besoin la plupart du temps du fichier en taille originale (l'impression se fait généralement à 300 DPI). Au contraire, un affichage sur le web se contente d'un format réduit (affichage à 72 DPI).
La meilleure solution de protection consiste donc, en plus du choix d'une licence, à ne jamais diffuser vos images en taille réelle.
Un format adapté à un affichage sur écran convient parfaitement : inutile de dépasser les 700 ou 800 pixels pour le plus grand côté.
4. Donnez-vous les moyens de prouver l'antériorité de vos travaux
Un escroc pourra toujours prétendre que la photo provient de son travail et non du votre, et que le copieur, c'est vous.
Les informations EXIF peuvent vous aider à prouver que la photo est bien la votre, mais les EXIF sont éditables et effaçables.
On pourra donc toujours vous accuser de les avoir simulé.
Une solution "légère" consiste à publier vos images sur un site reconnu, comme
Flickr ou
Photobucket (choisissez un site sur lequel vous ne pouvez pas être soupçonné d'entretenir des relations avec les responsables... mieux vaut donc un site appartenant à une société importante).
Vous pouvez même les publier en mode "masqué", sans qu'elles ne soient visibles pour les visiteurs.
En cas de vol, un huissier pourra constater la date d'envoi de l'image sur le site, et vous aider à prouver son antériorité.
C'est une solution légère, qui ne remplace pas les bons vieux moyens comme le recommandé contenant un DVD ou CD que l'on s'envoie à soi-même, et que l'on conserve sans l'ouvrir, pour pouvoir prouver qu'à telle date, on était en possession de ses photos, et donc prouver l'antériorité de son travail.
5. Utilisez le marquage invisible
Certaines solutions de marquage invisible permettent de laisser sur l'image des points ou formes imperceptibles par l'oeil humain.
Ces marques vous permettent de prouver que les photos vous appartiennent.
Ce procédé n'est pas infaillible : un léger flou appliqué à l'image peut en venir à bout, selon la technologie utilisée.
Parmi les outils qui font ce type de travail, on peut citer Digimark.
6. Les solutions inefficaces
On voit parfois sur certains sites, des mesures de protection alternatives, comme :
- La mise en place d'un javascript qui empêche le clic droit
- L'affichage des photos en utilisant Flash, pour empêcher l'enregistrement par le clic droit
- Le découpage d'une photo en plusieurs fichiers assemblées.
Ces techniques ne sont pas viables, puisqu'il est plus que facile de copier l'image en effectuant une simple capture d'écran.