Celà fait un an aujourd'hui, jour pour jour, que le photographe Bilal Hussein, de l'Associated Press, est maintenu en détention par les forces américaines en Irak.
Certaines photos de Bilal Hussein faisaient partie de collections récompensées par le prix Pulitzer.
Photo Associated Press
Depuis le 12 avril 2006 -soit un an aujourd'hui-, il est détenu sans charges ni preuves, et sans pouvoir accéder à un procès, pour le motif de "risque de sécurité". L'Associated Press et plusieurs organisations de journalistes demandent sa libération sans délai, ou son jugement.
Selon les autorités militaires américaines, Bilal Hussein présente un "
risque de sécurité pour le peuple irakien". Aucune charge ne pèse contre lui, et sa détention dure maintenant depuis un an.
Il est notamment suspecté d'avoir eu un accord avec un rebelle irakien pour prendre des photos d'explosions (mais aucune photo d'explosion n'a été envoyée par le photographe à son agence...) et d'avoir proposé à ce rebelle une fausse carte d'identité (or les fausses cartes d'identité se trouvent partout en Irak, et il aurait donc été étrange de proposer ce "cadeau"...).
Aucune preuve n'a pu être trouvée pour le moment par les autorités américaines, un an après.
L'Associated Press, par le biais de son avocat, essaye de faire libérer Bilal Hussein qui est retenu sans recours possible, pour un "risque de sécurité" qui n'a toujours pas pu être prouvé après un an :
“Cette affaire est alarmante, l’armée américaine ne peut le retenir prisonnier indéfiniment. Il doit être libéré ou jugé. Nous appelons les autorités américaines à mettre fin immédiatement à cette situation de non-droit. Nous rappelons que l’armée américaine avait déjà arrêté et détenu cinq journalistes pendant plusieurs mois, avant de les libérer sans inculpation”. (déclaration de l'agence Associated Press)
Des associations et organisations de journalistes comme Reporters Sans Frontières réclamment également qu'il soit libéré ou qu'il ait accès à la justice.