Si, comme moi, vous vous êtes ruiné pour acheter l'appareil photo dont vous rêviez, et que, bien embêté maintenant car vous n'avez plus les moyens d'investir dans de l'équipement lumière, vous aimeriez faire de la "photo de studio" - ou du moins quelque chose d'approchant - ne désespérez pas !
C'est possible à peu de frais, combiné avec un peu de patience.
Bien sûr, il ne s'agit pas de rivaliser avec les studios, il s'agit surtout de se faire son propre environnement lumière "contrôlé", et par "contrôlé", vous allez le voir, j'entends aussi "dérapage" et "entrainement", et ce, avec les "moyens du bord".
De quoi avons nous besoin ?
1) Un appareil photo qui permet la surimpression - mais si le vôtre ne le permet pas, pas de panique il suffira de prendre plusieurs photos et de les combiner par la suite avec votre logiciel de retouche favori ( mais c'est quand même plus fun avec la surimpression ).
2) Souvent, ceux qui investissent dans un appareil reflex trainent également avec un compact dans la poche. Au pire, votre copine ou copain - ou un connaissance - vous prêtera peut-être le sien. Ou alors vous avez peut-être déjà un flash séparé, et là c'est parfait.
3) Sinon, mais c'est bien d'avoir les deux, une lampe de poche fera aussi l'affaire ( une maglite ou autre, j'utilise un truc sans pile à LED blanches qu'il faut "remonter" en tournant une manivelle :-).
4) Du papier calque ( c'est pas très cher mais sinon faites la sortie des écoles et piquez une feuille

)
5) Un sujet à photographier, bien sûr, mais avec cette technique là il vaut mieux quelque chose d'inerte ( au pire assomez votre model, vous serez tranquille

).
6) Un endroit où vous pourrez faire le noir et si possible avec un fond sombre quelque part ou du moins assez éloigné du sujet.
A ce stade, vous l'avez sans doute déjà compris, nous allons faire du flash/light painting, non pas pour faire des effets de
light painting, mais tout simplement pour nous permettre d'éclairer notre sujet en simulant l'intervention de plusieurs flashes, boites à lumière, ou autre sources lumineuses.
Il faut bien sûr commencer par fixer l'appareil photo sur un pied, bon moi je n'ai qu'un monopod alors je le fixe à mon bureau avec un bras magique et ça fait l'affaire.
Réglez votre appareil en manuel, pose 10 secondes, ouverture dépendante de la
profondeur de champ que vous recherchez, f8 par exemple, et baissez les
ISO au plus bas, 100 ISO par exemple.
Si votre appareil permet la surimpression, régler maintenant le mode, certains vous demandent de choisir le nombre de surimpressions voulues, d'autre c'est infini ( tant mieux ), désactiver l'éventuel "gain auto", et vous êtes paré.
C'est là que le fun commence.
Avant de vous lancer, essayez d'imaginer quel type d'éclairage vous souhaitez, en visualisant l'emplacement des lumières, leurs distances au sujet, leurs rapports d'intensité, etc..
Imaginons par exemple un éclairage trois points, un pour déboucher, plutôt devant et assez faible, un principal sur le côté droit, et un contre à gauche mais derrière pour démarquer le sujet du fond.
Pour déboucher, ça sera la lampe de poche, pour l'éclairage principal et le contre on se servira du compact ( et de son flash, ou du flash autonome si vous en avez un ). Et pour l'éclairage principal, uniquement, on mettra une feuille de calque devant le flash ( je la tiens à la main ), histoire d'adoucir un peu la lumière.
Pour cet exemple d'éclairage, prévoyons 3 surimpressions, une pour chaque éclairage parceque vous n'avez pas le don d'ubiquité ( quoique si vous êtes rapide vous pouvez courrir d'une position à l'autre :-)
Y a plus qu'à, faites le noir dans la pièce ( ou quasiment, histoire de pas faire un vol plané

).
Premier déclenchement, allez vous positionner, allumer la lampe poche et peignez un peu le devant du sujet histoire d'adoucir les ombres, vous avez 10 secondes. Faites le d'assez près sans entrer dans le champ.
Deuxième déclenchement, avec le compact et le papier calque, shootez le sujet de la droite en vous éloignant un peu.
Troisième déclenchement, avec le compact sans calque, assez près mais hors champ, derrière le sujet à gauche.
Observez le résultat: La première fois ça risque d'être complètement loupé. Ne désespérez pas !
Il faut un peu d'entrainnement pour s'habituer à la puissance de chaque source, et estimer combien de temps il faut "peindre" ou à quelle distance se mettre pour bien balancer l'éclairage.
Avec un peu d'obstination et d'entrainement vous pourrez obtenir ce genre de choses:
Les réglages donnés plus haut sont donnés à titre indicatif, libre à vous d'expérimenter avec d'autres réglages que vous "sentirez" le mieux.
Après on peu délirer et complètement transformer sa lumière:
Bon, ici j'ai rajouté les
yeux rouges en retouche.
Voilà, j'espère que cela vous donnera des idées pour expérimenter vos éclairages, à peu de frais.
Le côté fun là-dedans, c'est d'être actif pendant que l'obturateur est ouvert, on a vraiment l'impression de créer quelque chose de "ses mains", on pense parfois à des effets d'éclairage auxquels on n'aurai peut-être pas pensé avec un gros éclairage de studio "clef en main" ( parfois les "loupés" donnent aussi des idées ).
Et en plus, ça fait faire du sport :-)