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non lus 05/04/2014, 12h27
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L'esprit de la photo / Partie 1


Salut tout le monde!

Apparemment, c'est difficile de poster un article sur vp... Donc je poste ça ici; j'espère que vous ne m'en voudrez pas, et en plus comme ça, on peut discuter du sujet!
Donc j'ai écrit un petit article sur mon site/blog, visible à cette adresse : j'aborde dedans l'esprit de la photo. Il y avait déjà eu un post sur vp où la discussion était au sujet de l'aspect beaucoup trop technique des commentaires.

En espérant que cela vous intéressera!




A quel vaste sujet je m’intéresse en intitulant ainsi mon article : « L’esprit des photos » !

Pourquoi donc ce sujet, si vaste, si compliqué et si subjectif ?

Depuis quelques années déjà, je m’intéresse pas mal à la photographie, étant un des domaines de l’image en général. Je lis des livres de photos enseignant la technique : la maîtrise de la lumière, de la composition, du cadrage, etc…

Après plusieurs années passées à faire des photographies avec mon compact lumix, je me sens de plus en plus limitée avec ce petit appareil qui ne me permet pas de gérer la vitesse d’obturation, l’ouverture, et qui ne me permet pas d’obtenir des images de très bonne qualité. Alors je rêve de pouvoir m’offrir un reflex.

Entre temps, je teste un peu le reflex argentique, avec lequel je peux commencer à apprendre un peu les réglages et comprendre concrètement comment fonctionne l’appareil.

Avril 2014, le voici enfin : mon premier reflex ! Je m’inscris alors sur des forums de photo, où je peux développer un œil critique envers mes photos ainsi que celles des autres.

J’acquiers un regard très technique, j’essaie d’oublier le minimum de défauts que je peux voir sur une photo dans mon commentaire avant de le poster. Je vérifie tout : le cadrage, voir si rien n’est coupé ; la composition, si elle est pertinente et/ou en accord avec les lignes de tiers ; la lumière, si il n’y a pas de zones cramées ou trop sombres, si elle n’est pas trop dure non plus…

Bref, tout ça pour dire que je viens de me rendre compte qu’à trop me concentrer sur la technique, j’en oubliais l’essentiel des photos : leur esprit. On m’a récemment dit « tes photos ne racontent pas d’histoires ». Eh bien, c’est tout à fait vrai! En fait, à presque aucun moment, avant d’appuyer sur le déclencheur, je me suis demandée : « Pourquoi est-ce que je fais cette photo ? », « quelle histoire va t-elle raconter ? », « Quelle émotion je veux transmettre ? ».

Je me contentais tout simplement de regarder, de me dire «Ah, c’est joli ça ! » et d’appuyer (en ayant soigneusement vérifié au préalable de bien cadrer, bien composer, etc…).

Je ne dis pas que ce n’est pas ce qu’il faut faire. Mais ce qu’il ne faut pas faire (et j’en suis maintenant convaincue), c’est trop se concentrer sur la technique en oubliant l’essentiel de la photo : ce qu’elle transmet.

Dans cet article, je ne prétend pas détenir l’ultime vérité de comment doit être pensée la photo, ni comment elle doit être. C’est plus une synthèse de tout ce que j’ai pu écouter, voir et lire de grands photographes, et de ce que j’ai compris et retenu de ce qu’ils disent. Leurs pensées sont chacune différentes les unes des autres : chacun a sa propre approche de la photographie et sa propre sensibilité. Mais, ils se rejoignent néanmoins sur certains points.Cet article sera publié en deux parties. J’aborde ci-dessous la partie plus « pourquoi ? », ce que doit transmettre une photo, à quoi sert-elle, etc…

Je publierai prochainement la seconde partie qui traitera plus du « comment ? » de l’esprit des photos.


La photographie, un art?

La photographie est un art particulier, et très difficile à définir. Si on se demande « pourquoi la photographie est un art ? » (lorsqu’elle n’est pas réalisée à but purement documentaire), la réponse est loin d’être simple !

La photographie fait partie des neuf arts recensés aujourd’hui : elle est une des composante du 3ème art : l’art visuel (avec la peinture, le dessin, la calligraphie, etc…)

La photographie tous comme les autres arts ne se réduit pas à la technique. Sinon, il suffirait d’apprendre les règles de la photo pour être un maître en photographie. L’apprentissage de la technique est utile, même nécessaire, mais la photographie en elle-même ne peut se réduire à la technique.

L’un des problèmes que pose l’art en général est de déterminer si la beauté d’une œuvre provient de l’intériorité de l’artiste qu’il exprime au travers de son œuvre ou si elle provient directement de ce qui est représenté dans l’œuvre. Par exemple, un paysage : est-ce que ce qui est beau est ce que l’artiste exprime dans ce paysage, ou est-ce le paysage en lui même qui est beau ? Et une autre question se pose : est-ce que la beauté est la finalité, l’objectif de l’art ?

Appliquons maintenant toutes ces questions à la photographie. La réponse semble évidente puisque si l’on considère la photographie d’un point de vue technologique, on se rend bien à l’évidence suivante : l’appareil photo est un objet qui permet de reproduire la réalité que l’œil perçoit, en une image (matérielle ou virtuelle).

Mais dans ce cas, l’art du photographe ne peut être que secondaire par rapport à la réalité, puisque la beauté d’une photo vient de la réalité qui est photographiée. Est-ce vraiment le but de la photographie que d’imiter fidèlement la nature ?

Est-ce que la photo n’est qu’un moyen « d’enregistrer » ce que le photographe trouve beau, et de pouvoir le montrer aux autres ? Non, car si c’était le cas, il n’existerait pas de maîtres en photographie puisqu’il suffirait de prendre en photo tout ce qui est conventionnellement beau.

Existe t-il une autre beauté que celle qui provient immédiatement de la réalité qui est photographiée ?


L’apparence n’est pas le contenu

Pourquoi une personne va t’elle trouver une photographie belle ? Si l’on considère la beauté en tant qu’apparence, c’est à dire ce qui fait joli, on se rendra vite compte de ses limites. Un exemple : on dit souvent que la beauté intérieure d’une personne est plus importante que son apparence physique.

Appliquons cet exemple à la photographie : une belle photo est d’abord une photo qui par delà son apparence, transmet quelque chose qui nous connecte avec elle, qui fait qu’on l’admire grâce au sentiment qu’elle provoque en nous.

On pourrait croire que le critère de beauté est purement subjectif, mais comment dans ce cas là, arrive t-on à s’accorder sur le fait qu’une œuvre soit un chef d’œuvre ? Tout simplement parce que ce qui est beau exprime une émotion subjective mais qui pourtant peut-être exprimée par les autres. Ce qui nous connecte est plus important que ce qui fait simplement « joli ». C’est le photographe qui fait des choix, et qui véhicule sa propre vision au travers de ce qu’il photographie. L’appareil photo ne reste qu’un appareil, qu’un simple outil.


Une affaire de message…

Outre la beauté qui peut-être une des finalités de la photo, je pense que l’intérêt de la photo réside encore plus que dans la beauté, dans le message qu’elle transmet. C’est surtout de nous ouvrir les yeux sur l’essentiel. Elle nous dévoile ce que nous ne voyons pas, elle fait exister ce qui reste caché.

Si on prend l’exemple de ces photos qui restent particulièrement gravées dans les mémoires, on se rend bien compte que leur apparence n’est pas fantastique, mais qu’elles véhiculent quelque chose de particulièrement fort, intéressant :

L’afghane aux yeux verts


Cette photographie est signée Steve McCurry et date de juin 1984. Sharbat Gula avait alors 12 ans et stationnait dans un camp de réfugiés afghans au Pakistan, lors de l’invasion de l’Union soviétique. Le cliché a été utilisé comme couverture du magazine National Geographic et est rapidement devenu l’une de ses couvertures les plus emblématiques. Le nom de la jeune fille est resté inconnu pendant longtemps, jusqu’à ce qu’après 17 ans de recherches Steve McCurry retrouve sa trace dans la région. Elle est revenue en Afghanistan en 1992 et ne savait pas qu’elle était devenue une telle icône. Son identité a été confirmée à 99,9% par les experts du FBI.

Pose ici en particulier: Cette photo a fait le tour du monde, et nous touche chacun d’une manière bien particulière.
Si je commence à l’analyser en matière technique et théorique: les yeux ne sont pas placés sur la ligne de tiers, ce qui minimise l’impact de son regard (car la théorie générale veut que l’on place les yeux à un point fort ou au moins sur la ligne de tiers)….
Bon, j’arrête tout de suite cette analyse tout à fait ridicule: Et qu’est-ce que ça peut faire si c’est pas placé sur la ligne de tiers, et machin, et truc…? D’où la grande limite de la technique en photo, qui est largement dépassée par la puissance de la photo en elle même.

L’homme qui tombe


« L’homme qui tombe » est une photo prise lors des attentats du 11 septembre 2001. Signée Richard Drew, elle montre un homme sautant du haut d’une des deux tours jumelles du World Trade Center. Cet homme a certainement fait ce choix pour éviter l’asphyxie des fumées toxiques ou parce qu’il n’y avait peut-être pas d’autres issues possibles.


Le baiser de Times Square


« Le baiser de Times Square » est une photo prise par Victor Jorgensen à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le 14 août 1945, à Times Square. Elle représente un soldat américain embrassant une infirmière qui ne s’étaient jamais vus auparavant et qui montre la spontanéité et la joie de la population après la fin de cette guerre.
Nota: de nombreuses rumeurs circulent sur la manière don a été prise cette photo.




Le photographe ne cherche pas à montrer l’essence des choses, mais à nous la faire sentir, éprouver. La photo nous permet de nous faire sentir la profondeur d’une réalité, ce qu’elle a d’unique et de singulier, que nous ne percevons pas au premier abord.

Une photo m’intéresse, me plait parce qu’elle me saisit, parce qu’elle suscite en moi un sentiment d’admiration, dont je peux penser que les autres peuvent aussi le percevoir. Ce sentiment est lié au fait qu’elle nous apprend quelque chose sur le monde et sur nous même que nous n’avions encore jamais vu.

Au final, dans notre monde saturé d’informations, la photo nous permet de capturer un instant, qui paraît insignifiant, mais qui pourtant, a une valeur qu’on a su lui trouver et qu’on a su retranscrire, au travers de notre propre vision. La seule chose qu’attend quelqu’un d’une photo, même plus généralement d’une image ou de l’art est, comme le dit très bien Andrew Stanton dans sa conférence à la TED est : « s’il vous plait, intéressez-moi. Emotionellement, intellectuellement… Mais intéressez-moi. ». C’est comme quand on regarde la télé : on zappe jusqu’à ce que l’on s’arrête sur une chaîne. Pourquoi ? Parce que quelque chose nous a intéressé.


… Et d’histoires

En fait, faire de la photographie, c’est raconter des histoires. Les histoires, on aime tous ça, justement parce qu’elles nous font voir le monde autrement, avec un aspect singulier que nous n’avions jamais vu. Les enfants ont toujours baigné dans un monde d’histoires : dans les livres que leur parents leur lisent le soir, avec leurs jouets ou encore dans les jeux de rôle qu’ils s’inventent : leur tête est bourrée de milliers d’histoires. Même adulte, les histoires, on ne peut pas s’en passer, on en trouve partout : dans les livres, dans les tableaux, dans le cinéma, etc… La liste d’exemples est longue !



Pour clôturer cette première partie, je dirais qu’une des choses les plus importantes est de se rappeler, à chaque fois que l’on va appuyer sur le déclencheur, celui qui nous demande : « Intéressez-moi ».



Suite au prochain épisode !

Si vous avez des remarques, des suggestions, des critiques n’hésitez pas à commenter cet article!





Références :

Conférence de Franck Doorhof (B&H): être créatif

Conférence de Andrew Stanton (TED):Les clés d’une bonne histoire

Conférence de David Griffin (TED) : Comment la photographie nous connecte

Guide pratique de la photo ; Robert Caputo et Peter Burian ; National Geographic

Conseils d’un photographe Voyageur : Olivier Föllmi ; Editions de la Martinière

L'art de raconter des histoires avec des photos

13 photographies qui marqueront à jamais notre Histoire | Daily Geek Show

Dernière modification par ocelius 05/04/2014 à 12h44.
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  #2  
non lus 05/04/2014, 14h58
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20180 Photiz - Faire un don
Une histoire.........
A l'origine la photo illustre une histoire (elle est associée a un article),sortie de sont contexte elle raconte autant d'histoires qu'il y a de spectateurs:l'Hafghanne ne se voit que face a la guerre et aux camps de réfugiés,l'homme qui tombe ne devient dramatique que situé au Wall Strade Center et le baiser sorti de son concept ne célèbre plus la fin de la guerre.
Donc pour connaitre l'histoire racontée par l'auteur il faut un petit texte ou un titre explicite
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  #3  
non lus 05/04/2014, 15h09
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Ouch c'est courageux de s'attaquer à un tel sujet.

Je ne partage pas totalement tes points de vue. Je n'ai malheureusement pas le temps pour le moment de t'apporter une réplique convenable mais encore bravo pour ce post.

Un complément aux lectures que tu proposes :le cours de philosophie esthétique de Jacques Darriulat, http://jdarriulat.net/index.html
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  #4  
non lus 05/04/2014, 15h35
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Merci pour vos réponses!
Jacky, ta remarque est très intéressante, je comptais en parler dans la seconde partie de mon article. En fait, je pense que raconter une histoire à travers la photographie peut se faire de plusieurs manières:
L'une consiste, comme tu le dis très bien, à accompagner la photo d'un petit texte qui raconte l'histoire de cette photo, l'histoire qu'elle raconte ou qui se trouve cachée (les conditions de la prise, etc...). J'ajoute cet exemple:
http://www.olivier-follmi.net/fr/histoires.html
Le photographe Olivier Follmi raconte l'histoire de ces photos, et nous les fait voir sous un autre angle; j'adore.
Autre manière, similaire à la première: Raconter l'histoire que raconte une ou des photos à l'oral (lors d'une conférence, avec d'autres personnes, etc... L'exemple de la conférence de David Griffin est très intéressant: http://www.ted.com/talks/david_griff...raphy_connects
J'aime vraiment la manière dont il présente les clichés, qui leur donne une tout autre dimension.
Mais, parfois, la photo peut se suffire à elle même et ne nécessite pas de texte pour qu'on lui découvre une histoire. exemple en image: la photo de Alec Soth intitulée Sugar's:

Ici, le photographe nous montre qu'une partie de l'histoire, à nous d'inventer le reste: à qui appartient ce fauteuil? Pourquoi la fenêtre est-elle occultée? Pourquoi y a t'il la lumière encore allumée? etc... Autant de questions que de réponses.
Une autre manière qui me vien à l'esprit de raconter des histoires avec la photo, et qui s'applique aux trois citées dessus: Tout comme une image peut raconter une histoire, avec ou sans texte, c'est parfois tout un ensemble d'images qui racontent une histoire. Elles peuvent être accompagnées de texte ou d'une explication orale comme dans la conférence de david griffin, ou se suffire à elles mêmes, comme dans le livre The Americans de Robert Frank. Dans ce bouquin, une photo ne se suffit pas à elle même, mais c'est l'ensemble des photos qui forme un message, une histoire.

Plovemax, merci pour ton avis, ainsi que le lien. J'ai utilisé le cours sur l'art de mon prof de philo pour m'aider à écrire cet article
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  #5  
non lus 05/04/2014, 23h07
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Ca me fais penser a quand je vais rendre visite a mon frere qui est prof de kung fu, et quand j assiste au cours 5-10 ans, y a les enfants qui ne veulent pas apprendre les tao ( choregraphie de mvmt), et veulent faire des combats tout de suite, en croyant qu ils vont inventer des mvmts. Avant de vouloir combattre il faut apprendre les techniques et c est qu une fois qu elles sont assimiles, au point qu elles deviennent des reflexes, qu on devient un bon combattants.

C est souvent les peronnes qui commencent dans la photo et qui voudrait bien qu un chef d oeuvre sorte de leur camera, sans avoir reflechie a rien auparavant. Mais ils ont oublie tout le parcours d apprentissage que les grands photographes ont fait avant, que ce soit par la lecture, regarder des tableaux, comprendre comment ils sont arriver a cette emotions...etc etc......
Par exemple, tu prends la photo, de mc curry, au lieu de dire il a clicke et ca a donne cette photo, tu pourrais te demander pour quoi cette photo te marque autant, et en cherchant un peu, tu t apercevrai que le choix des couleur( vert yeux, vert fond, le vert etant la couleur de l espoir) l association du rouge avec celui ( comme le sang), la position et la lumiere qui rapelle les tableaux de vermeer...etc... sont autant d element technique qui participe a cette emotion.
Alors tu va me dire mais il lui a pas dit de s habiller comme ca, c est sur mais il a eu le talent de remarquer dans un village ces details, et il a pris le temps de reflechir a un fond, a sa couleur....etc etc....

Il faut arreter de rever, toute chose demande du travail et du temps.......
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  #6  
non lus 07/04/2014, 01h09
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Posté par tekas13 Voir le message
Ca me fais penser a quand je vais rendre visite a mon frere qui est prof de kung fu, et quand j assiste au cours 5-10 ans, y a les enfants qui ne veulent pas apprendre les tao ( choregraphie de mvmt), et veulent faire des combats tout de suite, en croyant qu ils vont inventer des mvmts. Avant de vouloir combattre il faut apprendre les techniques et c est qu une fois qu elles sont assimiles, au point qu elles deviennent des reflexes, qu on devient un bon combattants.

C est souvent les peronnes qui commencent dans la photo et qui voudrait bien qu un chef d oeuvre sorte de leur camera, sans avoir reflechie a rien auparavant. Mais ils ont oublie tout le parcours d apprentissage que les grands photographes ont fait avant, que ce soit par la lecture, regarder des tableaux, comprendre comment ils sont arriver a cette emotions...etc etc......
Par exemple, tu prends la photo, de mc curry, au lieu de dire il a clicke et ca a donne cette photo, tu pourrais te demander pour quoi cette photo te marque autant, et en cherchant un peu, tu t apercevrai que le choix des couleur( vert yeux, vert fond, le vert etant la couleur de l espoir) l association du rouge avec celui ( comme le sang), la position et la lumiere qui rapelle les tableaux de vermeer...etc... sont autant d element technique qui participe a cette emotion.
Alors tu va me dire mais il lui a pas dit de s habiller comme ca, c est sur mais il a eu le talent de remarquer dans un village ces details, et il a pris le temps de reflechir a un fond, a sa couleur....etc etc....

Il faut arreter de rever, toute chose demande du travail et du temps.......

Je ne pense pas qu'Ocelius dise le contraire. Son propos est surtout de nous amener à réfléchir sur le pourquoi d'une image plutôt que sur le comment. Elle ne fait que dire que ce n'est pas la technique qui fait qu'une image est bonne. Pour filer l'analogie avec les cours de ton frère je pense que bien qu'il apprenne les gestes de technique à ces élèves, il les laisse de temps à autre faire un combat. Sans la dimension plaisir où serait l'intérêt pour nous autres amateurs?

En ce sens ce que tu écris sur la photo de Mc Curry est intéressant : tu te concentres sur le sujet de la photographie à savoir la composition et l'iconographie. Tu ne fais qu'effleurer l'iconologie lorsque tu abordes la symbolique des couleurs et Vermeer. Mais très vite tu ponctues par un intéressant double point de suspension encadrant un "etc" comme si intuitivement , ou sciemment, tu sais que ce et cetera convoque beaucoup beaucoup de chose.
Et c'est sur ce beaucoup de chose que porte la réflexion d'Ocelius.
Citation:
Posté par ocelius
Cette photo a fait le tour du monde, et nous touche chacun d’une manière bien particulière… la technique en photo, qui est largement dépassée par la puissance de la photo en elle même.
Pour moi par exemple cette jeune fille m'évoque un mélange de Cosette et Gavroche, de part son attitude et ses vêtements, mais aussi en même temps la madonne en devenir, par la pose et le voile. Lorsque je vois cette photo moi je vois plus les tableaux des portraitistes du 18° siècle que Vermeer mais comme je le dis plus loin l'iconologie et perçue différemment d'un individu à l'autre.
Son regard dur m'interpelle et réveille ma mauvaise conscience d'occidental assis bien au chaud dans un pays qui n'a pas connu de guerre sur son territoire depuis bientôt 70 ans. Cette interprétation n'est possible que par la conceptualisation de la prise de vue : l'invasion par les soviétiques de l'Afghanistan.
Cette iconologie l'auteur de la photo ne la maîtrise que partiellement car la symbolique ressentie par le spectateur va dépendre de sa culture propre. Bien sûr certains symboles vont être utilisé volontairement par le photographe mais d'autres sont totalement dépendant de son public. Ainsi sur cette photo le fait qu'elle soit tournée vers la gauche aura une signification symbolique différent selon que l'on soit occidental ou chinois
Cependant tout cela ne suffit pas encore à justifier le sentiment esthétique que je ressens face à cette image. Elle est belle. Belle par son sujet, belle par la transcendance du sentiment du photographe que l'on perçoit, belle par la sublimation des éléments de laideurs qui y sont présents (saleté, pauvreté). Cette part là du sentiment esthétique n'est pas soluble dans l'explication technique ni historique, il est pur émotion.

Bien sûr pour arriver à transmettre cette émotion l'artiste photographe doit maîtriser la technique (encore quoique; on peut considérer qu'il existe un mouvement Art Brut en photographie). La technique n'est que le véhicule du sentiment qu'il veut transmettre et sa maîtrise demande du temps et du travail, on est bien d'accord. Beaucoup de temps et beaucoup de travail. Mais ce temps et ce travail ne seront pas suffisant pour produire une oeuvre d'art. Il faudra un "je ne sais quoi" de plus, un petit supplément d'âme que bien peu de gens possède.
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  #8  
non lus 07/04/2014, 20h00
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Tout à fait Plovemax, je ne dis pas du tout le contraire de ce qu'à écrit Tekas. Je suis complètement d'accord avec ce que tu as rédigé, MAIS, pas d'accord avec ça:

Citation:
Posté par plovemax Voir le message
Mais ce temps et ce travail ne seront pas suffisant pour produire une oeuvre d'art. Il faudra un "je ne sais quoi" de plus, un petit supplément d'âme que bien peu de gens possède.

Si, ce temps et ce travail permettent de produire une œuvre d'art, si l'artiste comprend au fil du temps ce qui est nécessaire à son œuvre: un bout de lui-même.
Ce n'est pas un "supplément d'âme" que les grands artistes auraient contrairement aux autres mortels: l'âme n'est pas quantifiable, et la théorie énoncée dans le film 21 grammes est scientifiquement fausse (à sa mort, une personne pèserait 21 grammes de moins qu'au moment où elle était en vie ce qui correspondrait au poids de l'âme).
Donc personne ne possède un "supplément d'âme " en plus que d'autres personnes.
Le je ne sais quoi dont tu parles, c'est l'intériorité de l'artiste, c'est oui... quelque chose en plus, quelque chose de lui même qu'il parvient à inscrire dans ses tableaux. Je parle de tableaux, parce que je fais aussi beaucoup de dessins et de peinture. Mais c'est aussi le cas pour la photo, pour la poésie, etc, etc...

Je suis, je pinaille sur les mots, mais bon!

Patrice93260> Bonne question... Je ne sais pas. Je pense que oui.
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  #9  
non lus 07/04/2014, 20h52
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Citation:
... petit supplément d'âme...
Il s'agit en substance d'une citation en forme de métaphore :P

Quand à imaginer que l'âme puisse avoir une masse, c'est totalement ridicule : l'âme étant par définition intemporelle elle ne peut posséder de masse, c'est en contradiction totale avec la loi de la relativité restreinte! (mais là on s'éloigne de la photo...)
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  #10  
non lus 07/04/2014, 21h33
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Haha, je sais, je me doutais bien que ce n'était pas ce que tu voulais dire tout à fait: je pinaille...
Mais, reste que j'aurais formulé ça autrement:
"un petit supplément d'âme que bien peu de gens possède."
"un petit supplément d'âme que bien peu de gens parviennent à transmettre à leur oeuvre".
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  #11  
non lus 07/04/2014, 23h24
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Citation:
Posté par Patrice93260 Voir le message
Et si cette photo n'avait été posté que sur un simple forum, serait elle aussi devenu une œuvre d'art ou aurait elle été détruite par la critique ?

Salut,

J'ai (peut-être) la naïveté de penser que oui, elle aurait eu du succès.
Car même si on enlève de "Afghane aux yeux verts" toute l'iconologie et l'iconographie, tout ce que cette photo véhicule et qui en fait une œuvre unique (donc on retire tout ce qui n'est pratiquement jamais traité sur un forum photo et en particulier en ce moment celui-ci), il faut admettre que techniquement cette image ne présente aucun défaut, ni de composition, ni d'exposition, ni de lumière, ni de traitement/développement (et ça par contre on en cause beaucoup ici).

Du coup, je ne sais pas trop comment expliquer le succès de cette photo : est-ce le message sublimé par la technique ou la technique sublimée par le message ?

Pour le reste, je suis votre discussion avec attention, merci ocelius de partager ta vision des choses, super intéressant
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