De l'APN à l'écran en passant par le traitement graphique pour corriger ou pour améliorer une photo, nous avons pour habitude de manipuler nos images en RVB.
Pourquoi faire autrement quand l'étendue des couleurs dans ce mode est vaste et offre des possibilités infinies de manipulation d'image ? Si ces images ne sont destinées qu'à une présentation à l'écran, il ne faut rien changer à nos habitudes, mais si l'envie ou le besoin de faire imprimer vos photos se présente, vous devrez passer du RVB au CMJN...
Couleurs de base
Les écrans d'ordinateurs affichent les couleurs à l'aide des 3 composantes Rouge, Vert et Bleu selon la méthode additive. Ça veut dire que la somme de toutes les composantes produisent du blanc.
En impression, faite par un imprimeur ou sur une imprimante maison, la méthode de mélange des couleurs est dite soustractive. Ça veut dire que c'est l'absence de couleurs qui produit le blanc, celle du papier. Les encres utilisées dans ce cas sont le Cyan, le Magenta et le Jaune.

Comme la somme des trois couleurs primaires, CMJ, ne produit pas un noir mais un marron, on a ajouté une couleur supplémentaire, le Noir, pour compenser ce manque. C'est la quadrichromie, CMJN.
Différence entre RVB et CMJN
En dehors du poids des fichiers (3 Mo en RVB donnent 4 Mo en CMJN) c'est l'étendue des couleurs qui est beaucoup plus réduite en CMJN qu'en RVB.
Spectre RVB :
Spectre CMJN correspondant :
En CMJN les couleurs sont moins éclatantes, moins vives. C'est là tout le problème des images très travaillées, très saturées et qui risquent de ne plus reproduire l'effet recherché après conversion.
Effet sur les images
RVB puis CMNJ :
On constate sur ces extraits d'images que les bleus, les verts et les rouges se sont salis. Ce sont toutes les couleurs qui ne peuvent pas être imprimées qui ont été ramenées à une teinte la plus proche de la cible.
Optimiser les corrections des images
Pour limiter ce genre de désagrément il faut tenir compte de ce phénomène dès le début des manipulations.
Exemple :
Voici une autre image issue de la même série (RVB à gauche et CMJN à droite).


On a perdu dans la vivacité des tons bleus, les verts et jaunes de la bannière et les points rouges.
Voici l'image source que je prend soin de garder de côté sans correction.
Quand on la passe en CMJN, avant retouche, il y a très peu de variations.
C'est cette image (source>CMJN) qu'on peut maintenant modifier, en sachant que toutes ces corrections seront imprimables sans mauvaises surprises.
Image corrigée (couleurs, luminosité et contraste) et à droite la première en RVB

Ces deux images restent différentes sur le plan colorimétrique mais on arrive à retrouver une saturation et une vivacité qui avaient disparu.
De plus, il n'y a qu'à l'écran que cette comparaison peut se faire et j'ai choisi des exemples assez révélateurs. En général il suffit d'accentuer les couleurs et contrastes pour redonner du punch à une image.
Conclusion
Si vous devez (faire) imprimer vos photos pensez à tester la conversion en CMJN avant de les envoyer.
En cas de dégradation importante, repartir de l'image source et opérer les corrections en mode CMJN.
Jouez sur la saturation des couleurs, le contraste et la luminosité.
Rien n'empêche, après traitement, de rétablir le mode RVB pour gagner en poids. Dans ce cas il n'y aura aucune dégradation puisque toutes les couleurs CMJN entrent dans l'étendue des couleurs RVB. Un retour en CMJN ne subira pas de changement non plus, tant qu'il n'y a pas de modification sur le fichier RVB.