- Voir l'article entier ici (Comment fixer les tarifs de ses photos - Partie 2 : le coût d'une photo de commande). La valeur du travail est la part variable qui est la plus difficile à calculer. Elle prend en compte : - Le type de marché (entre un magazine de mode et le restaurant du coin, on se doute que les tarifs ne sont pas identiques) - Le type d'utilisation des images - La diffusion (étendue de la visibilité des photos, et durée) - Et enfin, les facteurs liés aux compétences, à la créativité et à la renommée du photographe. Voici donc, en détail, des critères qui permettent d'affiner cette valeur du travail : 1. Le type de marché Le type de marché influe sur le prix d'un travail pour une raison simple : plus une photo est profitable pour le type de client, plus elle est chère. Contrairement à l'idée répandue, il ne s'agit pas de faire payer plus un client qui a les moyens, mais au contraire d'inclure dans la rémunération une variable qui dépend de la profitabilité de l'utilisation des photos pour le client. Pour revenir à notre exemple basique : une prise de vue pour la dernière collection d'un grand couturier amènera plus de revenus au client que la photo du hot-dog moutarde qui illustrera le menu du commerçant du coin de la rue. Plus la photo est stratégique pour le client, plus elle est susceptible de lui apporter des revenus, plus elle est chère. On peut considérer trois types de marché : - Publicité (illustrer un produit ou un service) : tarifs élevés - Corporate (illustrer l'image d'une marque) : tarifs intermédiaires - Editorial (illustrer un support tel qu'une brochure, un magazine...) : tarifs moins élevés Vient ensuite le facteur diffusion : 2. La diffusion Pour revenir à notre exemple : si le grand couturier ne me demande pas d'illustrer sa campagne internationale, mais simplement de réaliser une photo qui sera imprimée sur un panneau lors d'un salon, et qui ne sera plus utilisée après la fin du salon, il est clair qu'il n'en tirera pas la même rentabilité. Il s'agit ici de pondérer le tarif avec l'importance de la diffusion. Elle se mesure en plusieurs termes : 1. La visibilité : Type de support (magazine, affiche, etc...), taille (dans le cas d'un magazine : pleine-page quart de page...), emplacement (intérieur, couverture...). 2. Le nombre d'utilisations Pour un magazine, il s'agit du nombre d'exemplaires. Pour une affiche, c'est la même chose. On peut parfois prévoir dans le contrat un tarif préférentiel en cas de ré-utilisation dans un projet ultérieur. 3. La durée Il s'agit par exemple, dans le cas d'une campagne de publicité, de la durée d'affichage. La durée peut être illimitée dans certains cas. 4. La zone géographique Internationale, nationale, régionale... Il existe des pratiques différentes pour chaque pays. En France, on peut consulter les barêmes de l'UPC, par exemple. 3. La valeur ajoutée du photographe Pour revenir à un exemple simple : pour le même travail, un photographe médiatisé comme Yann Arthus-Bertrand ne prendra certainement pas les mêmes tarifs que le photographe du coin de la rue. Dans le prix, la renommée, les compétences et la créativité du photographe jouent un rôle. ATTENTION : il ne s'agit pas d'évaluer la qualité globale de vos photos. Mais plutôt de votre capacité à être plus ou moins irremplaçable ou unique pour le client. Ainsi, un excellent photographe de nature sauvage ne fera pas vraiment jouer ses compétences en ce domaine pour photographier un mariage, par exemple. Il s'agit ici : - D'être connu ou non dans le milieu et la spécialité dans laquelle vous exercez, et de pouvoir le prouver (coupures de journaux, éventuels prix...) pour justifier des prix plus élevés en face du client. - D'avoir de l'expérience dans la spécialité, et là aussi, de pouvoir le justifier par son portfolio en face du client. - D'être particulièrement créatif par rapport aux travaux habituellement réalisés par les photographes de la spécialité, et toujours et encore, de pouvoir le justifier "sur pièces". - D'avoir des références prestigieuses (par exemple, un photographe de mariage ayant travaillé pour des célébrités, un photographe d'entreprise travaillant régulièrement pour de grandes marques...) On l'a compris, il ne s'agit en aucun-cas de valoriser financièrement l'image que l'on a de son travail (sinon, beaucoup de photographes au talent ordinaire mais à l'égo surdimensionné proposeraient des prix "de stars", et on sait combien il est difficile d'évaluer son propre talent), mais celle qu'en ont les autres. D'où l'importance de justifier sur pièces les facteurs qui vont éventuellement augmenter les tarifs. 4. Les tarifs pratiqués par les confrères Il s'agit ici, moins d'étudier des barêmes que de partir à la recherche des tarifs effectivement pratiqués par les photographes qui font la même chose que vous, sur le même secteur, à la fois thématique et géographique. L'information est parfois difficile à obtenir, mais c'est aussi faire preuve d'une bonne connaissance de son univers de travail que de connaître ce type de renseignement. Il ne s'agit pas de recopier la liste de prix du concurrent. Il s'agit d'évaluer en fonction de son profil (ses coûts notamment, en fonction de ses éventuels employés, locaux, etc.. / sa renommée, son talent... cf plus haut), comment on peut se positionner face aux autres photographes, en fonction de ses propres coûts, et de la valeur de son propre travail. Dans un prochain article, on abordera les différents éléments qui peuvent intervenir dans la négociation du tarif d'une commande photo. | | |
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