Bon, ça m'a pris à nouveau un peu de temps, mais comme ça, je peux répondre de façon quasi-rigoureuse à mon ami Dudulle.
Dudulle, ami troyen, ne te vexe pas, mais ton affirmation suivante est malheureusement fausse.
Citation:
Posté par Dudulle Sur un compact la zone de netteté est toujours tres étendue, on se retrouve même souvent avec une photo où tous les plans sont nets. |
Comme je le disais donc, si on se place à même focale, même ouverture, et même distance de mise au point, la
profondeur de champ obtenue avec un capteur doté de gros pixels est plus grande que la profondeur de champ obtenue avec un capteur doté de petits pixels.
Ainsi, comme vos réactions ont démontré que ce résultat n'est pas trivial, et comme les démonstrations ne suffisent pas, voici un exemple par l'image.
J'ai pris ces deux photos dans les mêmes conditions de focale (18 mm pour le réflex et 17.4 mm pour le compact), d'ouverture (f/5) et de distance de mise au point (35 cm).
Pour pouvoir être affichées ici, les deux photos suivantes ont été réduites pour avoir horizontalement 512 pixels. par la suite seront données des extraits en taille "réelle".
Compact : Lumix (Panasonic), pixel à pixel ~ 2 µm, image originale 2816 x 2112, taille du capteur (CCD) 5.6 mm x 4.2 mm.
Réflex : EOS 300D, pixel à pixel ~ 7.4 µm, image originale 3072 x 2048, taille du capteur (CMOS) 22.7 mm x 15.1 mm
On remarque d'ores et déjà que vu que le capteur du réflex est (beaucoup) plus gros, l'angle vu est également plus grand (on a le même effet quand on prend un objectif de focale donnée sur un réflex "full frame' et sur un réflex APS-C).
Les deux photos ont été prises en jpeg car il n'y a pas de mode
raw sur ce compact. Les artefacts jpeg seront visibles sur les extraits, mais ne gênent pas trop la lecture des images.
Sur ces photos, pour avoir un critère de jugement objectif, j'ai placé une feuille noire sur une feuille blanche. Pour avoir un point de repère, j'ai fait la mise au point sur le mini-tournevis, et pour avoir un ordre d'idée de la profondeur de champ relative d'une photo par rapport à l'autre, j'ai placé une règle graduée sur les feuilles. Les éléments importants de la photo on été placé le plus possible au centre de la photo, là où les aberrations des objectifs se font le moins sentir.
Les deux extraits qui suivent sont des extraits en zoom 3:1 des photos précédentes. C'est-à-dire qu'un pixel de la photo est représenté ici par petit carré de trois pixels par 3 pixels.
La règle n'est pas visible sur les extraits pour ne pas fausser le jûgement. J'ai par contre reporté les graduations de la règle pour donner un ordre d'idée des échelles de grandeur.
à gauche : le compact, à droite : le réflex
Bien qu'on remarque directement que la qualité de l'image du compact est nettement inférieure (artefacts de compression jpeg !), on va quand même arriver à interpréter ces images...
Ce qui est important ici, c'est le nombre de pixels gris qui sont nécessaires pour passer du noir au blanc (horizontalement, de gauche à droite).
En théorie, pour une mise au point parfaite, il n'y aurait besoin que d'un seul pixel gris.
En pratique, au niveau du tournevis (bas de l'extrait), pour le rélfex, on y est presque, par contre, pour le compact on est déjà à deux pixels. Ce n'est pas grave, ça ne change pas le raisonnement.
En s'éloignant du tournevis vers le haut (vers le lointain dans la scène réelle), la transition noir/blanc se fait en nécessitant de plus en plus de pixels gris dans un cas, comme dans l'autre. Ce n'est pas flagrant quand on regarde l'image de loin, mais si on trace des lignes horizontales imaginaires et que l'on compte de nombre de pixels gris nécessaires à chaque fois, on obtient dans les deux cas un nombre de pixels gris dans le haut de l'image qui est proche de 4.
La qualité se dégrade de la même manière pour l'image de gauche et celle de droite lorsqu'on monte.
Par contre, les graduations varient beaucoup plus vite sur l'image du réflex que sur l'image du compact. Ici, on a une
profondeur de champ qui sera au moins (à la louche)
deux fois plus grande avec le réflex qu'avec le compact.
On aura constaté que ce résultat est donc en pratique loin d'être évident, comme je le disais en début de ce commentaire. Grâce aux hypothèses simplificatrices utilisées pour expliquer ce phénomène par la théorie, la relation augmentation de la taille du pixel = augmentation de la profondeur de champ est beaucoup plus claire.
n.b. : Pour faire ce genre d'expériences, il serait bon de pouvoir travailler sur les images raw pour pouvoir s'affranchir du
bruit généré par la compression jpeg.
Voilà, j'espère que le temps passé à rédiger ce commentaire complémentaire aura été fructueux et que je n'ai pas embrouillé ceux qui jusque là avaient bien compris le contenu de l'article

Bon courage !