Dans la première partie de cette suite d'articles, nous avions abordé les différents types de travaux photographiques :
à voir ici (Comment fixer les tarifs de ses photos - Partie 1 : les profils de photographes).
Dans cette seconde partie, nous nous intéresserons uniquement aux travaux de commande, pour revenir par la suite sur les autres aspects.
Il s'agit ici, avant de fixer un prix, de savoir combien vous coûte votre travail. Etape indispensable avant de pouvoir définir un tarif.
C'est particulièrement important pour ne pas sous-estimer la valeur de son travail.
A. Les frais créatifs
1. Les frais annuels incompressibles :
Il s'agit des coûts auxquels vous devez faire face, même si vous ne prenez pas de photos. Il s'agit de tout ce que vous dépensez en matériel, les assurances, les licences des logiciels, éventuellement la location d'un local, etc...
2. Le temps passé :
Il s'agit de la totalité du temps passé à travailler pour le client, et pas uniquement de la période pendant laquelle on prend des photos (inclure la préparation de la séance photo, un éventuel casting préalable...)
3. La valeur du travail :
Il s'agit de la rémunération de votre créativité. Elle dépend du marché sur lequel les photos seront exploitées (haute couture ou menu du restaurant du coin...), de l'étendue des droits de diffusion (publicité internationale ou simle prospectus local), et également de votre créativité, de vos compétences et de votre renommée.
C'est l'aspect le plus complexe à évaluer, sur lequel nous reviendrons en détail
Pour terminer sur les frais créatifs : retenons cette formule :
Citation:
| Frais créatifs = (Frais annuels incompressibles / Jours travaillés annuels) x Jours travaillés pour le client + Valeur du travail. |
B. Autres frais
Aux frais créatifs s'ajoutent des dépenses ponctuelles :
Il s'agit des dépenses effectuées uniquement pour une commande, et qui concernent du matériel ou des services
qui ne seront pas réutilisés par la suite (à ne pas confondre avec les frais annuels évoqués plus haut).
Celà inclut : l'achat d'accessoires à usage unique, la location de matériel, la rémunération d'éventuels intervenants ou d'une équipe, la location d'un studio, les frais de transport, les frais de déplacement, etc...
On peut ajouter un pourcentage fixe au coût des dépenses ponctuelles, qui sera facturé au client.
Il s'agit pour le photographe de dépenser de l'argent en avance, et ce pourcentage est une sorte de rémunération de ce "crédit", ainsi que du temps nécessaire à la mise en place de ces dépenses ponctuelles.
(De la même manière, un plombier qui installe un robinet applique un pourcentage sur le tarif du robinet tel qu'il vous est facturé.).
Le plus important dans ce qui a été abordé reste le fait qu'il faut prendre en compte la totalité des éléments pour ne pas sous-évaluer son travail, comme le font beaucoup de photographes qui travaillent pour des clients de manière occasionnelle.
Dans un prochain article, nous nous intéresserons à la partie la plus complexe du calcul, évoquée plus haut : la valeur du travail, qui dépend notamment de l'étendue des droits de reproduction, du secteur, et d'autres facteurs.