C’est à travers ses photographies prises aux quatre coins du Monde que Romain Philippon, le photographe à l’âme voyageuse, nous fait partager son regard en toute sincérité.
Tantôt en couleurs, tantôt en noir et blanc, de l’Asie à l’Afrique en passant par l’Amérique, l’Europe et l’Australie, les photos de Philippon cherchent à mettre en images la condition humaine dans son terme le plus général.
Philippon revient maintenant sur ses nombreuses séries photographiques en réalisant un diptyque, illustrant par là l’Homme à travers le Monde, il nous explique pourquoi ce diptyque et relate pour Virus Photo ses expériences de pérégrinations photographiques.

©Romain Philippon
Romain, pouvez vous vous présenter à nos lecteurs ?
Je suis photographe et réalisateur indépendant. Je vis et travaille sur l'île de la Réunion.
J'ai 29 ans.
J'aime le voyage, le chocolat, Stevie Wonder, le vin rouge, tout ce qui vient du Brésil, beaucoup de "Jacques" (Prévert, Brel, Dutronc, Audiard...) mais pas tous.
Je n'aime pas les banquiers, Michel Sardou, le camembert, Frederic Lefebvre, Avatar.
Depuis combien de temps vous consacrez-vous à la photographie ?
Je fais de la photographie depuis plus de 10 ans. J'ai appris les bases avec mon père, puis de manière autodidacte.
Ensuite, professionnellement parlant, j'ai commencé à vendre mes photographies il y a environ 3 ans, et je vis presque à 100% de la photo seulement depuis 1 an environ.

©Romain Philippon
Qu’est ce qui vous a attiré dans la photographie ?
"Ce n'est pas vous qui êtes attirés par la photo, c'est la photo qui vous attire"

C'est une citation que j'aurais pu prêter à un grand photographe du siècle dernier, afin de me donner un peu de contenance culturelle, mais non, je viens de l'inventer.
Vous considérez vous davantage comme un photographe, un voyageur ou un témoin du monde qui vous entoure ?
C'est une question difficile. Mon ressenti change fréquemment, en fonction de mon moral, de mon état d'esprit. Même si je me sens de plus en plus photographe, je me plais à me considérer comme un simple témoin de ce qui m'entoure, je trouve cela plus rassurant, et surtout cela me permet une remise en question permanente, ce qui me parait essentiel dans mon métier. D'ailleurs, mes modèles, ou mes références ne sont pas forcément des photographes, mais plutôt des écrivains, des poètes, mais surtout des voyageurs. Je pense par exemple à Saint-Exupéry, Neruda, Kapuscinski et bien sûr Nicolas Bouvier.
Votre dernière série propose des scènes de vie sous forme de diptyque, que cherchiez vous à capter au moment où vous preniez ces photos ?
J'ai réalisé ces diptyques d'aprés mes archives, donc je n'avais pas en tête ces montages lorsque j'ai pris ces photos.

©Romain Philippon
Toutes les photos ont-elles été prises sur le vif ou y a-t-il parfois des mises en scène ?
Aucune de ces photos n'est mise en scène. Ce qui m'intéresse dans la photo, c'est justement l'inverse.
Comment vous est venu l’idée des diptyques ?
En re-triant mes photos, je me suis aperçu qu'un grand nombre de thématiques étaient récurrentes. J'ai trouvé ça intéressant de compiler certaines images, de les associer. L'exercice du diptyque n'est pas nouveau en photographie, mais il me permet, j'espère, de mieux présenter ma vision et mon état d'esprit. Contrairement à des images isolées et qui peuvent être interprétées différemment, ces associations forcent un peu à la réflexion, et font comprendre au lecteur ce à quoi j'ai pensé en prenant la photo.
Que cherchiez-vous à démontrer par cette même confrontation ?
Avec mes photos, je ne cherche jamais à démontrer, seulement partager. Je souhaite offrir une nouvelle observation des choses, la mienne en l'occurrence. Je ne cherche bien sûr pas à être objectif, c'est impossible avec ce genre de compositions, mais en tout cas j'essaye d'être le plus honnête possible. Quand je montre une limousine américaine à coté d'un pick-up africain, ce n'est pas une exagération de ma part, c'est vraiment ce que j'ai ressenti au moment où j'ai visité ces deux endroits. Ensuite, libre à chacun d'interpréter ce qu'il souhaite. J'ai volontairement inséré des diptyques plus légers et poétiques, puisque c'est aussi comme cela que je vois le monde.

©Romain Philippon
Vous vous êtes rendu dans de nombreux pays, y a-t-il des endroits dans le monde qui vous inspire plus que d'autres ?
Oui, ceux où je ne suis pas encore allé !
Vous voyagez pour faire des photos ou prenez vous des photos de vos voyages ?
Je voyage, tout simplement. Je ne pense pas avoir choisi une seule fois une destination en fonction de son potentiel photogénique. Et j'espère ne jamais le faire. Je voyage avant tout pour découvrir, et faire des rencontres.
Rencontrez vous des difficultés à photographier dans certains pays ?
Oui parfois, je rencontre des difficultés, mais c'est souvent lié à ma personne, et non au pays. Dans certains endroits, il faut simplement plus de temps que dans d'autres.
Quel est le matériel indispensable pour le photographe voyageur ?
Une bonne pellicule de tolérance, un objectif à grande ouverture d'esprit, et n'importe quel appareil fera l'affaire.
D'autres projets en vue ?
Oui pleins, surement trop d’ailleurs. Je ne peux pas trop en dire, plutôt par superstition que par confidentialité, mais j'espère vous tenir au courant dès que possible.
Son site Ses diptyques Son blog 
©Romain Philippon