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Vieux 04/02/2010, 01h59
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* L'ile aux sorcières..*




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Je vous conseil simplement,si vous avez le temps,de lire ces LEGENDE URBAINE sur le lieu... (ci-dessous)
 

Dernière modification par ablok 04/02/2010 à 02h02.
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Vieux 04/02/2010, 02h00
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Sidi Abderrahmane, rocher flottant au bord de la Corniche de Casablanca, reste un mystère pour ceux qui n’y ont jamais mis les pieds. Ce temple de la voyance, abritant un saint qu’on dit guérisseur, est aussi habité par une poignée de familles. Visite guidée.


Que savent les Casablancais de Sidi Abderrahmane ? Pas grand-chose pour la plupart. Le rocher flottant à quelques mètres de la Corniche n’a jamais attiré beaucoup de curieux. Les joggeurs du dimanche se contentent d’y jeter un coup d’œil furtif, les promeneurs le regardent à
peine, concentrés à draguer ou à surveiller leurs enfants en mal d’espaces à ciel ouvert. Il n’y a que les couples d’amoureux pour le contempler, installés sur un banc public, l’esprit ailleurs. Qui leur en voudrait ? Tantôt voilé par les nuages et tantôt si imposant, coupé de la ville à marée haute, difficilement accessible à marée basse, ce bout de terre a quelque chose d’angoissant. Par mauvais temps, Sidi Abderrahmane donne l’impression de chavirer, de plier sous les vagues qui se cassent violemment sur ses récifs, et de presque disparaître, comme englouti par une mer furieuse.

Des silhouettes apparaissent pourtant, trônant sur le rocher, vacant à des occupations invisibles. Et puis il y a tous ces gens qui traversent les vagues pour aller là-bas, tenant parfois à peine assis sur une embarcation de fortune, une simple chambre à air en caoutchouc noir.

Les passeurs de Sidi Abderrahmane
Depuis deux ans, Rachid a les pieds dans l’eau de Sidi Abderrahmane. À 24 ans, dont même pas quatre sur les bancs d’une école, il s’est essayé à de nombreux petits métiers avant de devenir “passeur”. Il a travaillé au port, comme vendeur à l’étalage, avant qu’un voisin ne lui propose de le remplacer. “Cela faisait cinq ans qu’il avait acheté une chambre à air et faisait traverser les visiteurs de la Corniche vers l’îlot. Il m’a dit qu’il gagnait jusqu’à 50 DH par jour le printemps et l’été, somme que je n’avais jamais gagnée auparavant. Aujourd’hui, il est malade et ne peut plus faire ce métier”.

Des passeurs comme Rachid, il y en a une dizaine, qui vivent pour la plupart dans des quartiers périphériques de Casablanca. Des jeunes à qui la vie n’a pas fait de cadeau et qui, à coups de 5 DH la traversée, arrivent à soutenir leurs familles. Ahmed raconte : “Hamdoulillah, Sidi Abderrahmane a sa baraka. Depuis que je travaille ici, j’arrive à nourrir mon fils et ma femme”. Les journées de ces passeurs se ressemblent toutes, faites d’allers-retours sur des chambres à air, de grosses bouées noires transformées en barques grâce à un bout de bois, transportant jusqu’à deux adultes et deux enfants. Les plus privilégiés d’entre eux ont des bottes en plastique, les autres se contentent de retrousser leur pantalon et de traverser pieds nus. Ils connaissent les petits chemins sur le bout des doigts, savent éviter les passages dangereux et contourner les rocs tranchants. Cela ne les protège cependant pas du froid hivernal. “Mes pieds sont gelés. Quand je rentre le soir, je suis obligé de les plonger dans de l’eau chaude. Sinon, j’ai tellement mal que je n’arrive pas à dormir. Si je n’arrête pas bientôt, je crois que je n’arriverai plus à marcher”, se plaint Rachid. Entre deux récits de pans de sa jeune vie, il se fait héler par deux jeunes femmes en jellaba. Il les accompagne aussitôt sur l’îlot, avant d’en revenir une dizaine de minutes plus tard, ramenant à la terre ferme une femme plus âgée. “On transporte de tout sur ces bouées. Des personnes, mais aussi des sacs d’offrandes en tout genre à Sidi Abderrahmane, et même des poulets vivants”, confie Rachid, avant de poursuivre : “Durant la traversée, des gens trouvent le temps de nous raconter leur vie et les tristes raisons qui les font venir ici. Il y a ceux qui viennent implorer le pardon du saint pour un péché commis, celles qui veulent faire revenir un mari volage, celles et ceux dont le fils est malade. Et puis, il y a toutes ces jeunes filles en mal de mariage qui s’accrochent à l’idée qu’une voyante de Sidi Abderrahmane les aidera à trouver un bon parti, exactement comme elles s’accrochent à ma bouée”.

L’îlot des voyantes
Le rocher de Sidi Abderrahmane ressemble à un village blanc en miniature. L’unique ruelle bordée par une dizaine de petites pièces, aux portes ouvertes mais couvertes de voiles de couleurs multiples. Des enfants qui jouent au ballon ou à cache-cache par-ci, des vendeurs de bougies ou d’eau de rose par-là, et de vieilles femmes surveillant les allers et venues de tout ce beau monde. Caché par ces bâtisses, le saint Sidi Abderrahmane veille sur la vie de l’îlot. Le gardien du temple raconte cette histoire à laquelle il croit dur comme fer : “Ce saint était un grand voyageur. Un homme pieux et sage, un guérisseur, qui, le jour où il est arrivé ici, a accompli des miracles. Puis Dieu a voulu qu’il meurt sur cet îlot. Il continue d’accomplir des miracles et ça, tous ceux qui viennent lui faire des offrandes le savent. Ils viennent le voir des quatre coins du Maroc et même de l’étranger”, s’enflamme-t-il. Le long de la ruelle, des femmes entrent et sortent des mystérieuses petites chambres. Elles viennent de tout Casablanca et des autres villes, pour les mêmes raisons : se faire prédire l’avenir par les voyantes de Sidi Abderrahmane, cachées derrière les rideaux. Elles sont presque toutes spécialisées dans les affaires de célibat et de recherche désespérée de mari. C’est le cas de celle qu’on appelle Lalla Mina, voyante à Sidi Abderrahmane depuis 5 ans. Elle lit la vie amoureuse des femmes dans “ldoun”, le plomb, la grande spécialité des diseuses de bonne aventure du rocher. La technique est la même : la célibataire se dénude, porte une gandoura prêtée par la voyante, s’accroupit sur un seau d’eau froide, dans lequel est versé du plomb fondu. Le métal qui se solidifie, prenant une forme rocheuse, est alors censé délivrer des secrets que seule la voyante peut lire. Cela donne des interprétations plus ou moins saugrenues : “Ma fille, une de tes ennemies t’a jeté un sort, c’est pour ça que tu n’es toujours pas mariée. Elle est brune, grande de taille et a les cheveux noirs”, ou encore : “Une des anciennes fiancées de ton amoureux l’a enchaîné à elle en lui faisant un tqaf”. “Il est sur la voie de t’épouser, s’entendent dire d’autres, il faut juste provoquer le destin”.

Lalla Mina, la cinquantaine bien entamée, explique très sérieusement tout le bien qu’elle fait aux femmes qui viennent la voir. “On lit d’abord ldoun, et en fonction de ce qu’il nous livre, on propose des solutions. L’une des plus efficaces pour éloigner le mauvais sort est d’ emporter l’eau dans laquelle ldoun a été versé dans une bouteille, la garder précieusement chez soi pendant sept jours, puis se laver avec”. Les “patientes” les plus courageuses (ou les plus désespérées) se lavent avec sur place dans une pièce dédiée à ces drôles de bains. C’est d’ailleurs pour cela que sur les rochers de Sidi Abderrahmane, traînent constamment des dessous féminins, jetés dans l’eau à la “septième vague”, comme le conseillent Lalla Mina et ses “consoeurs”…

La communauté de l’île
Pour Lalla Mina, comme pour tant d’autres, Sidi Abderrahmane est juste un lieu de travail. La pièce où elle officie et qu’elle quitte la nuit tombée, elle la loue à 100 DH le mois et paie cette somme à l’une des femmes qui habitent l’île. Mais à qui appartient vraiment Sidi Abderrahmane ? Sur place, on dit que l’îlot a été offert par Hassan II à l’un de ses conseillers et qu’il est encore aujourd’hui le protecteur du lieu et de ses habitants. Deux ou trois grandes familles, qui gèrent les affaires locales, les petits commerces, l’argent et les cadeaux offerts au saint… et qui décident même du nombre de passeurs autorisés. Une petite communauté qui évolue sur place et pour laquelle l’îlot est lui-même un gagne-pain. Avec les autres, ceux qui quittent l’îlot, ils composent une seule et même famille : “Nous nous connaissons tous et nous nous entraidons en période de crise. Nous partageons nos joies et nos peines. J’en suis sûre, nous sommes protégés par la baraka de Sidi Abderrahmane. Cette vie, je ne m’en plains pas”, confie, souriante, Lalla Mina. Cette communauté n’est pas la seule à vivre de la “baraka” du saint. Sur la terre ferme, à même le sable, elles sont une dizaine de femmes à proposer des tatouages au henné, à vendre des msemen ou des biscuits aux enfants. Ici, elles le savent, il y a toujours de l’achalandage. Peut-être un peu plus en été, mais l’hiver aussi. La nuit tombée, les lumières de Sidi Abderrahmane s’allument. Les jeunes qui y habitent allument leurs cigarettes, s’installent sur les quelques marches qui séparent le rocher des eaux et surveillent leurs familles et leurs maisons. Mais ici, de toute façon, il ne peut rien leur arriver de mal : le saint veille silencieusement sur les siens.
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  #3  
Vieux 04/02/2010, 06h50
Avatar de marco64
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Grâce aux explications données dans un "grand reportage" sur les légendes du lieu, obligation est faite de situer la photo dans un contexte différent que celui d'une simple critique photographique, de la voir avec d'autres yeux, de l'interpréter autrement...
En quelque sorte, tu rajoutes ici le "son" à l'image! et j'ai bien aimé cela...
C'est complet, bien structuré et enrichissant.
La photo (très belle en grand!) passe ici au second plan, en appui à ton récit et le complète magistralement, elle retransmet parfaitement, derrière un rideau de brume, les mystères de ces légendes impénétrables.
Félicitations!!!
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  #4  
Vieux 04/02/2010, 07h11
jcm jcm est déconnecté
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Belle photo, qui mérite en effet le grand format, et texte fort intéressant !
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  #5  
Vieux 04/02/2010, 08h14
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Messages: 4 002
26142 Photiz - Faire un don
J'aime les légendes urbaines, ici le texte souligne la dimension magique et ésothérique de cette image. Trés belle photo, c'est sur il faut d'urgence la voir en plus grand et texte magistral, trés stylé dans l'écriture... bravo, Ab!!!

De la compo, de la vraie dans tous les sens du terme!!!
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  #6  
Vieux 04/02/2010, 08h17
Avatar de tonyn
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Matériel: Nikon
 
Messages: 12 452
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A voir absolument en grand. Superbe !
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  #7  
Vieux 04/02/2010, 08h34
Exclu
Ma pratique de la photo: Pratique occasionnelle
 
Messages: 4
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Jolie photo, jolie histoire
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  #8  
Vieux 04/02/2010, 09h31
davbad
 
Messages: n/a
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Yesss, c'est du lourd. Une des meilleurs du mois pour l'instant à mon avis.
Pour l'ambiance totale, y'a que l'homme avec son vélo qu'est un peu gênant mais le reste je me régale.
Je lirai le texte ce soir.
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  #9  
Vieux 04/02/2010, 09h36
Avatar de pitcher
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Messages: 2 557
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J'avais pas remarqué mais...tu es très prolifique Ab!
Je dois jamais passer au moment où tu postes...
Très belle image
D'habitude j'accroche pas aux couleurs chaudes, et je préfère le N&B.
Mais là c'est vraiment très résuuit, ça me plait beaucoup!
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  #10  
Vieux 04/02/2010, 22h22
Avatar de studiogg
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Je vous conseil simplement,si vous avez le temps,de lire ces LEGENDE URBAINE sur le lieu... (ci-dessous)

Une très belle image, qui nous laisser percevoir l'athmosphère chaude du lieu.
Tu ajoutes des expliquations très interressantes (bien qu'un peu longues...) en les lisant, on entend le brut des vagues.. les murmur du vent....
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  #11  
Vieux 04/02/2010, 23h15
Avatar de micmic31
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Belle photo !
Tu ne pouvais pas lui faire peur au cycliste en panne ?
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  #12  
Vieux 04/02/2010, 23h58
Avatar de dechab
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+1 voir en grand, mélange de subtilement voilé et de piqué très fin... très très beau traitement, et en plus, pas un traitement passe partout, mais "cousu main".
Le texte... ouf... j'avoue... trop long... on verra demain!
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  #13  
Vieux 05/02/2010, 06h23
Avatar de photosenvrac
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Dernière entrée sur mon blog :
[Erreur] XML error: Undeclared entity error at line 24 - Ceci est une page web, et non un flux RSS.
 
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Du très beau superbe, un tableau !
Pour moi le cyciste n'est pas de trop, il fixe le regard, nous permet de nous attarder sur la plage.
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  #14  
Vieux 05/02/2010, 15h24
Avatar de ablok
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29135 Photiz - Faire un don
Bonjour a tous!
Merci d'avoir pris le temps de commenter.

Le texte n'est pas de moi et il n'y avait pas le nom de l'auteur.
Pas de PT Dechab,juste un jeu de contraste,la superbe lumière du moment a fait tout le travail.
Et personnellement,je trouve que le cycliste apporte un plus..

Au plaisir!
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  #15  
Vieux 05/02/2010, 15h41
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Légende insulaire donc ? Et alors, quand est-ce que tu vas être marié ?
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